Samperu Corsu :
Cet illustre guerrier né à Bastelica, était cavrais par sa grand-mère paternelle Antonia di Cauro fille d’Orsone.
Le 17 janvier 1567, dans le chemin d’Eccica à Cavru, Samperu tomba dans l’embuscade que lui tendirent les Génois secondés par les cousins de Vanina d’Ornano, son épouse qu’il avait étranglé.
Les génois firent découper son corps en morceaux. Sa tête, placée sur une lance, fut promenée dans toute la ville d’Ajaccio.
Des partisans de Samperu réussirent à s’emparer de sa tête et la cachèrent dans l’église de Cavru.
Voici les récits concernant la légende du crâne de Samperu ou l'on apprend également un rite paien pour contrer la sécheresse:
Guide de la Corse mystérieuse – 1978 – Edition Tchou Princesse
« Muré dans une des parois de l’église Sainte-Barbe, on a découvert un crâne humain qui serait celui du célèbre héros Sampiero Corso : le marbrier était en train de poser sur l’église la plaque portant les noms des paroissiens morts pour la patrie, lorsque le crampon de fer destiné à le supporter découvrit une cavité renfermant le crâne. On sait en effet qu’après avoir été assassiné Sampiero Corso fut décapité et sa tête exposée sur les murs d’Ajaccio. Le sénat de Gênes, à la requête de l’évêque de Sagone, aurait ordonné au gouverneur d’Ajaccio, Fornari, de retirer le chef sanglant « de l’endroit où il est et de le déposer à l’église pour le cas où un ami ou un parent le réclamerait ». Les habitants de Cauro auraient soit enlevé, soit obtenu l’illustre relique, et l’auraient murée dans l’église paroissiale. Cependant, Mr Peraldi, maire de Cauro, aurait dit il y a un siècle à Mgr Casanelli d’Istria que le crâne de Sampiero avait été emporté par une crue car on l’avait déposé, une année de sécheresse, dans le lit d’un ruisseau, afin d’obtenir de la pluie. C’était en effet l’usage à Cauro, pour faire cesser la sécheresse, d’aller déposer en procession, un crâne dans un ruisseau asséché ; un enfant de chœur aurait, par erreur, pris celui de Sampiero. Mais des personnes qui assistaient à l’entretien, en particulier M. J-M Pietri, avaient contredit M. Peraldi et affirmé que le crâne disparu n’était pas celui de Sampiero car il avait été pris dans l’arca, la fosse commune de l’église. »
Contes et légendes de Corse – 1973 – Quinel - Edition Fernand Nathan
« En 1840, la Corse fut désolée par une grande sécheresse. Or, il était d’usage dans certaines parties de l’île de conjurer ce fléau par des processions, dans lesquelles devaient être portés des ossements humains.A Cauro, une telle procession avait été décidée. On avait fait tous les préparatifs et il n’y avait plus qu’à envoyer chercher dans le charnier quelque crâne anonyme. Trois enfants de chœur qui, en attendant la procession, s’amusaient dans l’église, découvrirent dans une chapelle une caisse de bois toute couverte de poussière et sur laquelle était inscrit un nom qu’ils ne purent déchiffrer.La jeunesse est curieuse. Les enfants brisèrent la caisse, que sa vétusté avait rendue fragile, et ils y trouvèrent un crâne.Pourquoi ce crâne ne figurerait-il pas à la cérémonie tout aussi bien qu’un autre ? Triomphalement, ils emportèrent leur trouvaille.Selon les rites séculaires, la procession se déroula dans la campagne autour de Cauro. Les voix des prêtres et des chantres, s’alternant, psalmodiaient les litanies. Les fidèles nombreux – toute la bourgade – adressaient au Très-Haut de ferventes prières pour que tombât enfin la pluie bienfaisante. Portée sur un brancard par quatre marguilliers, la tête de mort se balançait, souriant de ses dents.Et voilà que, subitement, comme cela se produit dans ces régions, le ciel s’obscurcit et la pluie tomba ; non pas une pluie ordinaire, mais une véritable trombe d’eau. Ce succès inattendu – du moins aussi promptement – jeta le désarroi dans la procession. Le clergé se précipita vers la cathédrale pour mettre à couvert ses beaux ornements, les chantres le suivirent et les enfants de chœur. Les femmes allèrent s’abriter dans leurs maisons et les hommes chez les marchands de vin. Parmi eux les marguilliers. Quand à la tête de mort, personne n’y songea plus. Elle était tombée sur le sol du chemin, transformé instantanément en torrent, et elle s’en alla vers sa destinée. La veille d’une fête, le sacristain, ayant eu l’idée de nettoyer l’église de Cauro, trouva dans une chapelle une boîte vide et défoncée. Sur le couvercle, qu’il débarrassa d’une épaisse couche de poussière, il lut un nom : SAMPIERO.
Le sacristain rapporta la chose à son curé qui se souvint alors qu’en effet la tête du héros de l’indépendance corse devait avoir été déposée quelque part dans son église. On fit des recherches mais jamais on ne retrouva le crâne de celui qui, de ses mains, avait étranglé la pauvre Vannina. »




